TRAVERSEE DU HAUT ATLAS-Août 99

Erg Chigaga (désert Marocain)

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Bonjour,

Voilà le récit de la traversée du Haut Atlas par deux jeunes Sévriens. Après plusieurs étés bien humides à Chamonix, nous avons décidé de partir marcher sous le soleil du Maroc... qui n'est pas toujours au rendez-vous. Nous avons démarré au SO du Toubkal pour finir au NO du M'Goun. En chiffres, cela donne : 250 kilomètres à vol d'oiseau, dans les 15 000 mètres de dénivelé positif, 22 jours de marche, 15 à 20 kilos sur le dos, un nombre incroyable de thés avec les bergers Berbères et beaucoup de fatigue...Nous avons choisi de partir sans guide ni mule. Nous avons vécu au contact des populations Berbères, et si cela n'est pas évident dans les quelques villages "touristiques", cela devient très riche dès que l'on quitte la piste. Quoiqu'il en soit, il faut s'habituer à se réveiller sous le regard passionné d'une quinzaine de gamins ainsi qu'aux "Fannits, Fannits -bonbons-, stylo ..." qu'ils nous demandent systématiquement.

 

                   

 

IMLIL - AZGOUR (5 jours)

Pour s'alléger, Sébastien commence par troquer sa polaire contre un gros pull en laine. Réveil avec le coq et départ pour le col après un petit-dej thé pain sec. Montée au refuge Lépiney, jolies cascades et début d'une cure d'un mois de coca. Petit problème de genou pour Luc. Réveil à 4 h41 pour Sébastien qui s'offre un petit jogging pour le Tazarhart -dans les 4000 m-. Il ne faut pas croire le guide du routard, c'est une ascension sans aucune difficulté. Le plateau sommital, en plein ciel à 4000m, laisse une impression d'irréel. Le Ouanoukrin -4045 m- tout proche vaut le détour, il domine de profondes vallées boisées, la grosse bosse du Toubkal est juste en face, et l'on aperçoit au loin un grand plat : le désert ... compter 3 h AR en courant. Un col bien raide pour rallier le refuge Neltner, puis c'est la longue longue longue descente -2000 m- jusqu'à Azgour en passant par le lac d' Ifni. Rencontre d' Ali que l'on reverra à Casablanca et qui nous accueille une journée dans son village. Premier ravitaillement : chocolat, café, sardines et légumes à tagine, on ne se doute pas encore qu'ils ne mangent quasiment que ça!

 

                 

 

 

AZGOUR - SETTI FATMA en 2 jours... Ali en mettra 5 la semaine suivante.

Un col de 1400 m, une goutte de pluie et une soirée à l' Azib Tinzar où des berbères nous prêtent une bergerie pour la nuit et nous font boire du lait frais le matin. Descente de belles gorges sauvages sur le conseil d' Ali : "ne jamais quitter le torrent", alors qu'un sentier muletier fait le tour...l'arrivée à Setti fatma n'en finit pas. Voitures, cars de touristes et hôtels...on en profite pour s'offrir un festin à base de frites et de brochettes. Matinée lessive, shampoing, baignade, courses de nourriture (encore des sardines...), et longue galère pour appeler la France. Une heure de marche plus tard, on installe le bivouac face au joli village d'Annamned ; ici, la terre est rouge. Excellent gigot sur le feu et très belle nuit.

 

                    

 

 

ANNAMNED - TELOUET (4 jours)

Montée vers la plaine sous le plateau du Yagourt, il fait très chaud. Douche sous une cascade. Ambiance four à pain l' après-midi. Très belle balade sans sacs sur le plateau qui est assez fascinant : il fait en gros 5 km sur 2 et domine les vallées alentour de ses 2700 m. Nous ne trouvons pas les gravures rupestres qui s'y trouvent. On arrive à se procurer des oeufs et du pain aux azibs. Réveil paradisiaque dans une grande prairie toute jaune. Etape vers Azgour dans le vent des plaines. A Ouazaz, Mohamed nous offre thé pain et beurre -mou- qu'il fabrique lui-même. Baignade et soirée près du torrent un peu avant Azgour. Montée vers Afra, on boira plus de 20 verres de thé ce jour là, souvent avec des paysans au bord du chemin. Luc a une bonne diarrhée (le beurre ou l'eau ??), on passe donc l'après-midi à faire la sieste chez deux gamins à Afra, puis l'on monte au Tizi'n'Tichka. On rejoint Telouet en bus pour le ravitaillement. On commence à pas mal souffrir des pieds. Inactivité totale à Telouet où l'on dort chez Ben Nouri ; quelques grosses courses quand même : farine, levure, sardines et chocolat, par contre on ne trouve pas d' essence pour le réchaud, on va donc se mettre de façon intensive au feu berbère (vocabulaire : feu berbère, cela consiste à faire brûler de petits buissons -il n'y a que ça mais en grande quantité : des "buissons berbères"- entre 3 pierres soutenant une casserole ; assez efficace mais demandant une grande attention et un peu d' habitude).

 

                               

 

ANNAMITER - TIRKHFIST (3 jours)

  Objectif du jour : le lac N'chalt. Début de journée tranquille : on s'arrête pour chercher des améthystes, on prend le thé avec un berger, Seb fait la sieste dans le ruisseau....on passe une heure à essayer de capturer un âne sauvage : les sacs d' après-ravitaillement sont vraiment lourds. Finalement, on découvre une très jolie montagne au NO de notre col et on décide d' aller passer la nuit au sommet...une petite trotte de 1400 m de dénivelé. Au sommet, un grand plateau nous attend. Somptueux coucher de soleil sur la mer de nuage, les lumières de Ouarzazate dans la nuit. Pain au chocolat à la poêle et dîner franchement mauvais. Nuit glaciale. Départ très très matinal à cause de la température et très beau sommet voisin, suivi de 1200 m de descente dans des éboulis. Bivouac sur un petit gazon agréable en compagnie des vaches et des moutons. Cela fait 2 jours que l'on marche sans chemin et on commence à ne plus s' y retrouver : on se trouve dans le pli de 3 cartes différentes. Le lendemain, coup de chance extraordinaire (ou intuition géniale??) : on trouve le passage vers Tirkhfist, évitant ainsi les gros cols voisins. Chemin aérien, thé chez Mohamed et 10 km de piste plate pour Ifoulou. 

 

                       

 

                     

 

VALLEE DE LA TESSAOUT (3 jours)

  On retrouve un peu la civilisation...cette vallée toute plate, pleine de villages et de cultures est bien connue des trekkers. Nous en croisons plusieurs groupes, toujours accompagnés de mules...2 styles différents. 2 jours pour Amezri, cartes très fausses. Remontée des gorges de la Tessaout : ambiance Verdon en plus étroit et tortueux, seulement c' est long long long, et au bout de 6h, on se retrouve devant une cascade infranchissable. Et c' est là que Hussein entre en scène, ce berger un peu fêlé voulait égorger un mouton coincé sur une vire à 150 m à la verticale du ruisseau. Petite histoire : il y a beaucoup de carcasses de moutons le long du torrent : ils tombent d' un jet (de mouton) des vires. Hassan revient et nous guide jusqu'à la sortie des gorges par des vires et du bon III/IIIsup sans filet, 20 kilos sur le dos...ce serait à refaire on ne le referait pas. Nuit sous la pluie. Vaste détour pour rejoindre le "refuge" (une maison sans portes ni fenêtres) du M'Goun : on grimpe 700 m pour l' apercevoir en bas...il n'était pas sur la carte. Tagine et mauvaise nuit.

 

 

                               

 

 

M'GOUN ET ASSIF OULILIMT (5 jours)

Lever 5h 41, petit dej rapide. Ascension éclair du M'Goun dans la tempête du siècle au Maroc : vent très violent, pluie grêle horizontale, doigts (et le reste) complètement engourdis par le froid. 4h 30 AR pour 1500 m de dénivelé, par contre pour le paysage il faudra revenir. Descente en courant vers l' Assif Oulilimt, on a trouvé le chemin par miracle dans la tempête. Mohamed, un berger, nous récupère complètement trempés, on passe l'après-midi sous une vingtaine de couvertures dans un azib de 5 m² où un femme tisse des couvertures. Ils nous hébergent pour la nuit. Pain et départ sous la pluie, 2h de marche et après midi chez Hassan sous 21 couvertures. Nous partageons le repas de cette famille : du pain trempé dans une sauce (une patate et un oignon pour 8 personnes). Réveil très tôt, il pleut toujours, on a attrapé un bon rhume et on a envie d'en finir. Après 2h de descente, rencontre de Mohamed, qui par miracle parle français et nous indique un chemin qui en 6h , 2 cols et 1200 m de dénivellé nous mène à une piste. Marche sous la pluie sans rien à boire : les torrents charrient de la boue. Longue étape...qui ne sera pas la dernière : la piste est coupée à cause de la pluie des derniers jours. 15 km plus tard on trouve enfin un camion bondé d'ouvriers qui nous déposera à Boulmane, d'où l'on rejoint Ouarzazate d'une traite.

 

 

                       

 

 

LE DESERT (6 jours de marche)

Comme il nous restait une semaine avant notre avion, nous avons pris le bus pour Mhamid, le dernier village après Zagora. Partis en simple balade jusqu' à la "dune du Juif" à 10 km de Mhamid, nous y rencontrons Mouloud, qui nous propose une marche de 5 jours. Après une longue négociation le départ est fixé au lendemain. Et c'est reparti...cette fois il fait chaud, mais la pluie est au rendez -vous!!! Les étapes font entre 25 et 30 km, le but de la marche est l' erg Ghigaga qu'ils surnomment la mer de sable : des dunes à perte de vue. La marche dans le désert a quelque chose de fascinant, et ce petit bout de désert nous a donné envie d'en découvrir des grands.

 

                       

 

 

 

                                                                                                                   

   

 

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